Premier voyage au Bénin
Nous sommes partis tous les trois (Camille, Benoît et Etienne) au Bénin en avril 2009, pour une première mission de reconnaissance. Les objectifs de ce séjour étaient :
- Se rendre compte sur place de l'importance du paludisme
- Prendre contact avec les différents responsables du village de Tchihéigon et de la région
- Evaluer le nombre de moustiquaires à apporter
- Découvrir le Bénin, sa culture et sa population

Récit du voyage
Nous sommes partis de Paris le 14 avril au soir, et sommes rentrés le 25. Nous avons tout d'abord passé une journée à Cotonou, la plus grande ville du pays, avant de partir en compagnie d'Agnès pour Lokoli, ville proche de Tchihéigon où nous étions logés. Nous sommes restés là bas environ une semaine, ce qui nous a permis de réaliser une partie de nos objectifs (voir ensuite plus bas). Cette période a été particulièrement agréable, et nous a permis de déouvrir la vie quotidienne dans un petit village dans la brousse. C'est Mahougnan, un membre de Coup de Coeur pour le Bénin originaire du Bénin qui nous a très chaleureusement accompagnés durant cette semaine. Ensuite, nous sommes rentrés à Cotonou, en faisant un détour par Kuivonhoué, ville où Coup de Coeur pour le Bénin a commencé ses projets. Les deux journées suivantes nous ont amenés à Ganvié (cité lacustre au Nord de Cotonou) et Ouidah, la citée de l'esclavage. Ouidah fut en effet pendant plusieurs décennies un des plus grands ports négriers d'Afrique. Le dernier jour a été consacré à l'achat d'artisanat pour une vente en France au profit de l'association.
Si vous désirez lire un récit plus complet de ce voyage, vous pouvez télecharger le journal de bord du séjour ici.
Pour voir les photos du voyage, allez sur la page galerie photo.
Les actions de Zánbinou durant le voyage
1. Recensement de la population de Tchihéigon
Ceci aura été assurément le point fort du voyage. Après avoir pris contact avec le chef du village de Tchihéigon avec l'aide de Mahougnan, nous avons pu organiser le recensement de la population du village, qui nous intéressait au plus haut point pour calibrer notre futur apport de moustiquaires et notre future campagne d'information. On nous a ainsi invité à s'installer sous une paillote, et les chefs de famille (homme ou femme veuve) sont gentiment venus répondre à nos questions. L'aide du chef du village aura été d'un grand soutien. Avec l'aide de Mahougnan comme intérprète, les questions étaient les suivantes:
- Nom
- Nombre de femmes
- Nombre d'enfants
- Nombre d'enfants scolarisés
- Nombre de moustiquaires
- Nombre de moustiquaires imprégnées avec du répulsif à insectes
Voici les résultats globaux du recensement :
- Population totale : 650 personnes
- Nombre d’hommes : 73
- Nombre de femmes : 130
- Nombre d’enfants : 447
- Nombre d’enfants scolarisés: 165
- Nombre de moustiquaires: 124
- Nombre de moustiquaires imprégnées: 0
Nous avons donc par la suite évalué le nombre de moustiquaires nécessaires à 250. Si vous souhaitez consulter les détails et les statistiques du recensement, vous pouvez consulter le rapport de première année de notre Acte, téléchargable sur la page documents.
2. Prise de conscience de la gravité du paludisme
Un autre objectif de ce séjour au Bénin était ainsi de réaliser l'importance de cette maladie dans une région rurale, et plus précisément dans la zone où nous menons nos actions. Un de nos premiers constats a été de voir que le climat, chaud et humide, était particulièrement favorable au développement des moustiques (plus précisément des anophèles) et que les habitants n'avaient quasiment aucun moyen de protection vis-à-vis des piqûres. En parlant avec plusieurs résidents des villages visités, la régularité des cas de décès dûs au paludisme nous est douloureusement apparue. Plus frappant, le niveau moyen de connaissances du paludisme et de ses caractéristiques nous a semblé très faible : de nombreuses personnes pensent encore que le paludisme est causé par une trop longue exposition au soleil...
Concernant ce point, la visite du dispensaire de Koussoukpa (ville accolée à Lokoli) a été du plus grand intérêt. Nous avons pu ainsi rencontrer les 3 personnes qui s'occupent de ce centre de soins, et qui gèrent de cette manière plus de 5 000 personnes. En plus de tests rapides et de médicaments de première urgence contre le paludisme, l'infirmier général nous a ainsi appris l'existence de récentes nouvelles mesures. Depuis novembre 2008, le gouvernement donne gratuitement une moustiquaire à chaque femme enceinte, et à chaque nouveau né une fois que tous ses vaccins (gratuits) sont faits. Cependant, il subsiste de nombreuses personnes sans aucune protection.
3. Distribution de matériel scolaire
Ayant emporté de nombreux livres, cahiers et stylos, nous avons pu en distribuer aux enfants de Lokoli, ainsi que dans les écoles de Tchihéigon et Koussoukpa. Malheureusement, nos réserves étaient largement insuffisantes pour tous les élèves de ces deux écoles. Nous avons donc décidé -après discussion avec les maîtres de classe- de distribuer un stylo aux 5 premiers élèves de chaque classe en leur enjoignant d'aider leur camarades, pour ainsi encourager les autres à travailler. Nous avons également donné quelques ballons de football.
4. Activités pédagogiques
Pendant notre séjour à Lokoli, nous avons fait de multiples activités avec les enfants de tout âge du village. Au premier rang de celles-ci figure le coloriage, véritable usine à dessins qui a parfois engendré des quasi-émeutes! En effet, les disputes pour un bout de crayon de couleur ou une feuille de papier étaient fréquentes, tant ceci peut constituer une richesse pour ces enfants. D’autre part, nous faisions souvent des petits rappels pédagogiques, souvent aux plus grands : éléments de base de mathématique, géographie du Monde et du Bénin, dictées, aide à la lecture… Nous nous sommes rendus compte que malgré les efforts faits par le gouvernement, les ong et les institutions multilatérales, l'éducation restait un point critique au Bénin, tant les lacunes scolaires étaient visibles.